Libra : les derniers éléments sur la future crypto-monnaie de Facebook

Libra : les derniers éléments sur la future crypto-monnaie de Facebook [LIBRA] Cette monnaie virtuelle, qui doit sortir fin 2020, servira à réaliser des transferts d'argent à moindre coût et à effectuer des achats en ligne. Facebook n'est pas la seule entreprise aux manettes.

Depuis l'annonce du projet en juin 2019, la libra fait beaucoup parler d'elle. Rien d'étonnant puisque
l'initiative vient de Facebook. Mais le géant américain n'est pas le seul aux manœuvres.

Qu'est-ce que la libra ?

La libra est le nom donné à la future crypto-monnaie de Facebook.  "La mission de Libra est de développer une devise et une infrastructure financière mondiales simples, au service de milliards de personnes", résume le livre blanc du projet, qui a été révélé le 18 juin 2019. 

La libra sera une crypto-monnaie indexée à un panier de devises fiat stables : 50% pour le dollar, 18% l'euro, 14% le yen 11% la livre sterling et 7% le dollar singapourien. Il s'agira donc d'un stable coin, c'est-à-dire une crypto-monnaie stable. Par exemple, si le prix du bitcoin est à 10 000 dollars et que vous échangez 1 bitcoin contre de la libra, vous aurez donc 10 000 unités de libra. Si le cours du bitcoin descend à 5 000 dollars, vous aurez toujours 10 000 dollars en libra. En plus d'être stable, la crypto de Facebook sera échangée de façon instantanée puisqu'elle n'aura pas besoin de passer par le réseau bancaire. 

Face à l'inquiétude des gouvernements et régulateurs un peu partout dans le monde, qui craignent de perdre leur souveraineté monétaire, l'association Libra a décidé de créer également stablesoins adossés chacun à une seule devise, comme l'a révélé la deuxième version de son white paper en avril 2020. Il y aura donc une libra et une libraUSD, une libraEUR, une libraGBP et une libreSGD. "Nous espérons travailler avec les régulateurs, les banques centrales et les institutions financières du monde pour étendre le nombre de stablecoins sur le réseau Libra", est-il précisé dans le livre blanc actualisé.

Les différentes libras pourront être échangées entre les internautes comme il est aujourd'hui possible de se faire des transferts d'argent de pair à pair via des applications comme Lydia, Pumpkin ou PayPal. Pour ce faire, il sera possible de s'échanger des libras via une application créée par Facebook : Calibra. Il s'agit en fait d'un wallet qui permettra d'acheter, vendre et stocker la crypto de Facebook. Enfin, il sera également via les plateformes de Facebook, WhatsApp et Messenger. Au total, plus de 2,7 milliards de personnes utilisent chaque mois au moins une plateforme de l'écosystème du groupe (Facebook, Instagram, Messenger et WhatsApp). La libra servira aussi à régler des achats chez les commerçants partenaires. Pour l'heure, on peut notamment compter Uber, Spotify, Lyft et Iliad. Concernant les frais de transactions, il y a de grandes chances pour qu'ils soient faibles. "Les intérêts perçus sur les actifs de la réserve serviront à couvrir les coûts du système, à garantir des frais de transaction minimes, à verser des dividendes aux investisseurs qui ont fourni des capitaux pour lancer l'écosystème, et à soutenir sa croissance et son adoption sur le long terme", précise le le livre blanc. 

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Sortie de la libra 

La libra devrait sortir au deuxième semestre 2020, en même temps que le wallet de Facebook, Calibra. A l'origine, l'association derrière cette monnaie virtuelle avait prévu une sortie début 2020. En raison des réticences des régulateurs, il ne serait pas étonnant que sa sortie soit repoussée. 

Cours de la libra 

Le cours de la libra n'est pas disponible car la crypto-monnaie n'est pas encore lancée. Si vous trouvez des sites qui vendent des libras, il ne faut en aucun en acheter, il s'agit forcément d'arnaques. 

La blockchain Libra

La crypto-monnaie libra repose sur une blockchain "de permission", ce qui signifie que l'accès au protocole doit être validé, contrairement au bitcoin, une blockchain publique, ouverte à tous. Facebook souhaite que la blockchain soit sans permission à terme mais que ce n'est pas possible car "il n'existe actuellement pas de solution éprouvée capable d'offrir l'ampleur, la stabilité et la sécurité nécessaires pour prendre en charge des milliards de personnes et de transactions à travers le monde dans le cadre d'un réseau sans permission", est-il écrit dans le document de présentation de juin 2019. Dans celui d'avril 2020, voici ce qu'on pouvait y lire : "Nous pensons qu'il est possible de reproduire les principales propriétés économiques d'un système sans autorisation grâce à un marché ouvert, transparent et concurrentiel tout en intégrant une due diligence raisonnable des membres et des validateurs qui est inhérente à un système avec autorisation." 

Derrière ce projet, il y a toute une équipe montée en mai 2018, avec à sa tête le Français David Marcus, ancien vice-président de Messenger et ex-président de PayPal (2012-2014). Ce bon connaisseur du secteur des paiements a fait partie du conseil d'administration de la plateforme d'échanges de crypto-monnaies américaine Coinbase. Il a quitté cette fonction pour des raisons de conflits d'intérêt. Selon nos informations, corroborées par CNBC, ils sont à ce jour 100 personnes à travailler sur le projet. 

L'association Libra 

Pour gérer la libra, Facebook a opté pour une association basée en Suisse. Une façon de montrer que le géant américain n'aura pas le contrôle total de la crypto puisqu'il est un membre parmi d'autres. Le réseau social a signé des partenariats avec des entreprises et associations qui ont chacune investi au moins 10 millions de dollars dans le projet.  Iliad est le seul français à faire partie de cette short list. Cet investissement leur permet de détenir un nœud de la blockchain, qui sous-tend la crypto-monnaie. Chaque participant peut siéger dans la fondation que Facebook a créé en Suisse pour gérer la crypto.  "Les décisions majeures concernant les politiques ou les choix techniques nécessitent l'obtention de deux tiers des voix, soit la majorité absolue du réseau requise par le protocole de consensus", indique le white paper. En avril 2020, l'association Libra a demandé une licence de système de paiement en Suisse. "Comme habituellement pour les nouveaux projets et les autorisations de start-up, cette requête n'est pas complète sur tous les points, mais permet cependant de lancer formellement le processus d'autorisation de la FINMA", indique sur son site le régulateur helvète, l'équivalent de l'AMF en France. La durée de la procédure n'est donc pas définie. 

Les partenaires de Libra 

Voici la liste des partenaires de l'association Libra, qui tend à bouger régulièrement, aux rythmes des entrées et sorties de certains : 

  • Anchorage (crypto-monnaies)
  • Andreesen Horowitz (société de gestion)
  • Bison Trails (blockchain)
  • Breakthroug Initiatives (recherche)
  • Checkout.com (paiement)
  • Coinbase (crypto-monnaies)
  • Creative Destruction Lab (programme pour start-up)
  • Facebook/Calibra (paiement)
  • Farfetch (e-commerce)
  • Heifer International (ONG)
  • iliad (télécoms)
  • Kiva (prêt) 
  • Lyft (mobilités)
  • Mercy Corps (ONG)
  • Paradigm (société de gestion)
  • PayU (paiement) 
  • Ribbit Capital (société de gestion) 
  • Shopify (ecommerce)
  • Slow Ventures (société de gestion)
  • Spotify (divertissement)
  • Tagomi (crypto-monnaies)
  • Temasek (fonds souverain)
  • Thrive Capital (société de gestion)
  • Uber (mobilités)
  • Union Square Ventures (société de gestion)
  • Women's World Banking (ONG)
  • Xapo (crypto-monnaies)

Les régulateurs et la libra 

La firme de Menlo Park doit aussi discuter avec les régulateurs. Le Financial Times a révélé début juin que Facebook a entamé des discussions avec la Commodity and Futures Trading Commission (CFTC), l'agence américaine chargée de la régulation des bourses de commerce, notamment des contrats à terme et des produits dérivés aux Etats-Unis. Christophe Giancarlo, son président, a indiqué n'en être "qu'aux premiers échanges" avec le réseau social mais a déclaré que "c'était très futé", suite à une démo. "Nous ressentons un très vif intérêt à mieux comprendre ce produit. Cependant, on ne peut agir que suite à une saisine officielle, or rien ne nous a été présenté", a-t-il ajouté. Selon plusieurs médias américains, Mark Zuckerberg a déjà consulté le Trésor et la SEC, le gendarme financier US pour déterminer la nature du GlobalCoin. Les deux institutions n'ont pas confirmé ni infirmé ces informations. A noter également que le patron du géant US a rencontré le gouverneur de la banque centrale anglais, Mark Carney. 

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Le dictionnaire de la cryptomonnaie