Starlink : zoom sur l'alternative à l'ADSL d'Elon Musk

"Starlink : zoom sur l'alternative à l'ADSL d'Elon Musk"

Starlink : zoom sur l'alternative à l'ADSL d'Elon Musk Avec son offre d'Internet spatial, SpaceX veut offrir dans les zones blanches une connexion avec un débit allant jusqu'à 150 mégabits par seconde et une latence inférieure à 20 ms, y compris en mer.

Starlink est le projet d'Internet spatial de l'entrepreneur milliardaire Elon Musk. Géré par son entreprise aérospatiale commerciale SpaceX, Starlink vise à fournir une connexion Internet haut débit à travers le monde grâce à une constellation de 42 000 satellites placés en orbite basse d'ici 2027. Les lancements s'effectuent graduellement. En février 2018, deux prototypes de satellites ont été lancés et, depuis, les satellites sont mis en orbite par lots de soixante. 26 lancements ont été effectués au total entre le début du projet et mai 2021, soit 2 000 satellites déployés à 550 kilomètres au-dessus de la Terre. Avec ce projet annoncé en 2015, Elon Musk entend mailler le ciel afin d'offrir un accès à Internet rapide (jusqu'à 1Gb/s) à faible latence (moins de 20m/s), en particulier aux déserts numériques. Sur l'offre d'Internet satellitaire, Starlink va devoir faire face à la concurrence de Kuiper, le projet à venir de Jeff Bezos, et ses 3 200 satellites. Le fondateur d'Amazon n'est pas le seul concurrent : le projet anglais OneWeb a déjà été lancé et Facebook a aussi annoncé son ambition dans ce domaine. 

En France, Starlink a de nouveau le feu vert depuis le 2 juin 2022. L'Arcep a pu octroyer deux bandes de fréquence à Starlink pour relier ses satellites et ses utilisateurs finaux français. L'Arcep a lancé une consultation du public pour pouvoir accorder ce feu vert, et apporter une solution aux quelque 4000 abonnés français, qui ont souscrit à l'offre, disponible depuis mai 2021.

Pour y accéder, les intéressés doivent s'inscrire au service sur le site de Starlink, indiquer leur adresse (qui ne pourra pas être modifiée) et commander une petite parabole avec trépied à installer à leur domicile dans une zone dégagée.

La qualité de réception dépend de stations relais. Une seule installation a pour l'heure été autorisée en France à Villenave d'Ornon, en Gironde. En France, trois sites devaient à l'origine accueillir les stations du service d'accès Internet à haut débit par satellite. Le projet d'Elon Musk prévoyait l'installation de neuf antennes à Saint-Senier-de-Beuvron (Manche), ainsi qu'à Gravelines (Nord), pour fournir sa connectivité spatiale. L'Arcep a confirmé leur abandon.

Pour se connecter au réseau Starlink, l'utilisateur doit acquérir le kit d'installation. Ce dernier contient le modem, le routeur et la parabole et est commercialisé à 634 euros. Sa livraison est facturée 71 euros. Le prix de l'abonnement, à 99 euros par mois, n'a pas été modifié en France mais il affiche 11 dollars de plus aux Etats-Unis, laissant craindre une augmentation à venir dans l'Hexagone. 

SpaceX promet un débit compris entre 50 et 150 mégabits par seconde, bien au-delà du seuil de 30 Mbits/s nécessaire pour basculer dans la catégorie du très haut débit en France.

En France, le média Les Numériques a réalisé "19 tests sur trois jours à différents moments de la journée qui ont abouti à un débit de 184 Mb/s environ en débit descendant".

Il y a plus de 2 000 satellites Starlink déployés à 550 kilomètres en orbite au-dessus de la Terre. SpaceX a déclaré le 6 janvier 2022 que son service Internet par satellite Starlink totalise plus de 400 000 clients à travers 36 pays dans le monde. L'entreprise d'Elon Musk a déclaré que la croissance des utilisateurs de Starlink avait ralenti à cause de pénuries de silicium qui avaient retardé la production et impacté les commandes.

Chaque satellite du Starlink ne pèse que 260 kilogrammes. Leur forme plate permet d'en placer 60 à l'intérieur d'une des fusées Falcon 9 de SpaceX pour les mettre en orbite. Chaque satellite comprend un panneau solaire pour son alimentation, quatre antennes pour les transmissions Internet, des lasers qui les relient à quatre autres satellites en orbite et des propulseurs ioniques qui utilisent du gaz krypton pour les maintenir en orbite.

Pour se connecter au réseau terrestre, le réseau Starlink a besoin de stations relais au sol. Equipées de dômes électriques et de grandes antennes, ces dernières s'appuieront en France sur des bandes de fréquence de 10,95-12,70 GHz pour transmettre un signal de l'espace vers la Terre et de 14-14,5 GHz pour faire le chemin inverse depuis les terminaux des utilisateurs.

Les utilisateurs doivent de leur côté disposer d'un kit comprenant une parabole, un trépied pour fixer cette dernière et un routeur pour le traitement des données et le partage de la connexion. Ce kit Starlink est commercialisé au prix de 499 euros.

Elon Musk veut démontrer l'intérêt de l'Internet spatial dans le secteur maritime. L'offre baptisée Starlink Maritime, donne accès pour 5 000 dollars par mois à Internet depuis la mer avec des débits allant jusqu'à 350 Mbit/s. "Des navires marchands aux plateformes pétrolières en passant par les yachts haut de gamme, Starlink Maritime vous permet de vous connecter depuis les eaux les plus reculées au monde, comme vous le feriez au bureau ou à la maison", indique l'entreprise sur son site. Pour bénéficier de l'offre, outre l'abonnement, il faudra débourser 10 000 dollars supplémentaires pour l'achat de deux antennes recevant le signal. 

Avis aux astronomes amateurs, les satellites sont visibles à l'œil nu dans le ciel à certains horaires. Le site Find Starlink permet de consulter les moments de visibilité des satellites en fonction de sa position. Lors des lancements, il est également possible de voir une succession de petits points lumineux formant une longue traînée blanche.

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