Marché de l'IoT en France : tous les chiffres

Marché de l'IoT en France : tous les chiffres Si la croissance du marché n'a pas été aussi importante qu'espérée ces dernières années, l'IoT est appelé à se développer dans tous les secteurs d'activité.

Quel est le nombre d'objets connectés en France ?

A l'échelle mondiale, il y avait 11,7 milliards d'objets connectés fin 2020, selon le cabinet d'études de marché américain IoT Analytics. En connaître la part en France n'est pas une mince affaire. "Il n'y a pas de chiffre pour la France pour la simple raison que personne ne s'accorde sur la définition exacte d'objet connecté", analyse Aymeric Buthion, en charge du marketing et de l'animation territoriale au sein du groupe Caisse des Dépôts, qui a travaillé sur un rapport portant sur les réseaux IoT en zone peu dense.

L'IoT se pense davantage par segment d'activité. L'industrie, les utilities et la smart home sont les trois principaux marchés en France. Pour le JDN, Statista a synthétisé l'état du marché de l'IoT dans le BtoC.

 

Dans l'industrie, les compteurs communicants sont considérés comme l'objet connecté le plus déployé, puisque près de 60 millions d'appareils sont installés en France en 2021. L'électricité se digitalise le plus vite avec 33 553 736 compteurs Linky posés au 12 octobre 2021. "Sur les 25 millions de branchements de compteurs d'eau individuels en France, 60% sont communicants. Il s'en pose 1,5 million par an sur le marché français", précise Arnaud Heteau, directeur de publication du site monreseaudeau.fr.

La maintenance prédictive et l'asset tracking sont les deux applications les plus importantes dans l'IoT en France. Selon une étude OnePoll réalisée en février 2021 pour le fabricant allemand reichelt elektronik, 75% des décideurs français interrogés dans la tech ont recours à de la maintenance prédictive pour leur production et 44% de ceux qui n'utilisent pas la technologie prévoient de l'implémenter à partir de l'année prochaine.

Quels sont les réseaux les plus utilisés ?

Le choix du réseau IoT dépend de l'usage voulu. Ainsi, "il n'est pas nécessaire de connecter une VMC en Wifi, qui offre une large bande-passante, quand son usage basse consommation peut se faire en Zigbee", souligne Patrizio Piasentin, sales manager chez Silicon Labs (lire notre fiche Réseau IoT : quel protocole choisir pour ses objets connectés ?). Selon l'étude IoT Radar Market du cabinet de conseil BearingPoint, les réseaux LPWAN sont les plus utilisés en France en 2021, ils sont partie prenante de 60% des projets, suivis à 28% par les réseaux cellulaires. Mais la tendance est à la multi-connectivité, qui gagne deux points en 2021 par rapport à 2020, passant à 47% des projets. 

Pour la majorité des acteurs interrogés, le NB-IoT et la 5G vont développer davantage les applications IoT. "Il y a une attente de structuration du marché avec la 5G", assure Aymeric Buthion, de la Caisse des Dépôts. Selon les résultats de l'Arcep en février, le parc M2M (machine to machine) s'accroît en France, avec 22,4 millions d'unités au premier trimestre 2021, même si le taux de croissance est en chute libre en raison de la baisse d'activité liée à la crise sanitaire.

Comment se répartissent les plateformes IoT ?

Pour stocker et analyser les données remontées par les objets connectés, il est nécessaire de se doter d'une plateforme IoT. Plus de 620 plateformes existeraient dans le secteur selon IoT Report. Quelles sont les plus populaires sur le marché français ? "La réponse à cette question est très compliquée car la pénétration varie en fonction des couches logicielles. Une plateforme est un agrégat de plusieurs couches. Ainsi, sur la partie PaaS, Microsoft Azur et AWS dominent tandis que sur la sécurité, Thalès fournit la plateforme la plus répandue. Au final, les plateformes ne sont pas comparables entre elles car elles apportent des fonctions différentes, du device management à la sécurité, en passant par les applications analytiques", explique Ouassim Driouchi, senior manager chez Bearing Point. Selon l'IoT Market Radar de BearingPoint de 2020, quatre secteurs dominent dans le monde des plateformes : l'industrie, la smart city, l'énergie et les transports.

Quelle est la répartition des acteurs dans l'IoT ?

Selon le rapport de la Banque des territoires, la France comptait en 2019 près de 400 acteurs dans l'IoT. En Occitanie, ils sont près de 150 en 2021 (lire notre article : L'Occitanie, fer de lance de l'IoT en France). Là encore, leur nombre total varie en fonction de la définition retenue. BearingPoint en a repéré en 2021 plus de 450 dédiés à l'IoT et n'a retenu que les 200 les plus puissants sur leur  marché respectif pour établir leur positionnement.

Quelles formations pour l'IoT ?

Que ce soit auprès d'éditeurs comme Cartesiam, d'institutions comme la Caisse des dépôts ou de cabinets de recrutement comme Silkhom, le constat est le même : les entreprises manquent de compétences dans l'IoT. "Les entreprises recherchent des profils spécialisés data et web service car un certain nombre d'entre elles développent des plateformes Saas. Les candidats doivent également avoir des compétences en radio fréquence et en électronique. Mais le sujet qui gagne en importance est celui de la sécurité", commente Thibaut Kowalski, spécialiste IoT au sein du cabinet de recrutement Easy Partner. De plus en plus de formations voient ainsi le jour. Voici la liste des formations repérées par le JDN :

Où en sont les industriels dans leur projet IoT ?

Media dell'Arte a réalisé une étude sur les projets IoT en France, présentée au salon IoT World en octobre 2021, révélant que la plupart des initiatives en sont encore au stade du POC, malgré une volonté de passer à l'échelle.

La crise sanitaire du coronavirus puis la pénurie de composants ont marqué un frein aux déploiements des projets, de nombreuses entreprises choisissant de recentrer leurs investissements sur leurs priorités, mais elle a démontré la nécessité d'effectuer des actions à distance, notamment grâce aux actionneurs

Focus sur la sécurité

La sécurité est l'un des sujets phares de l'IoT. Elle concerne deux volets : 

  • Le marché de la sécurité : les professionnels tout comme le grand public sont friands de caméras connectées pour surveiller leurs biens. En France, selon Statista, le revenu du marché de la sécurité est passé de 92 à 156 millions d'euros entre 2017 en 2020 et devrait atteindre 378 millions d'euros en 2025.
  • La sécurisation des équipements : l'objet connecté le plus piraté est la caméra. Digital Security, le CERT dédié à la sécurité des objets connectés, rappelle que lors de sa toute première attaque en 2016, le botnet Mirai a affecté plus de 168 118 caméras connectées en France.

En cause, les caméras connectées les plus répandues sont généralement peu chères, avec des mots de passe par défaut non mis à jour et donc peu sécurisés. "Ce sont des équipements avec une bonne bande passante, ce qui les rend intéressants pour les attaques par déni de service", explique thomas, Gayet, directeur de Digital Security. "Les caméras ne sont plus des appareils avec seulement un flux d'images sortant mais comprennent aussi des commandes entrantes. Il faut les considérer comme des ordinateurs", ajoute de son côté Stéphane Reytan, directeur général de BlueTrusty, l'entité cybersécurité d'ITS Group.  

Dictionnaire de l'IoT