SCHC : le standard d'Acklio pour doter les réseaux IoT d'un langage commun

SCHC : le standard d'Acklio pour doter les réseaux IoT d'un langage commun A peine quatre ans après la création de la start-up, la technologie initiée par Acklio devient un standard mondial et s'apprête à être déployée par les acteurs de l'IoT.

Avec SCHC, pour Static Context Header Compression technology (SCHC), à prononcer "chic", la start-up Acklio rend possible une interconnexion et une interopérabilité entre les réseaux IoT. Sa technologie a été reconnue le jeudi 16 avril 2020 comme standard international par l'organisme IETF.

Qu'est-ce que SCHC ?

SCHC est un système de compression et de fragmentation des messages envoyés par les objets connectés. Greffé à la fois à l'objet connecté et au cœur du réseau, SCHC assure la compatibilité des réseaux LPWAN (LoRaWAN, Sigfox, NB-IoT, et LTE-M) aux protocoles IP. A terme, d'autres protocoles seront compatibles.

"Nous nous sommes basés sur le fait qu'un objet connecté industriel a un comportement prévu lors de sa fabrication. Par exemple, un compteur d'électricité communicant ne servira qu'à faire remonter des données sur les consommations d'énergie. Il n'aura jamais une fonction de détecteur de présence prévu pour les parkings. Nous pouvons alors dresser la liste des types d'échanges pour n'envoyer que le minimum d'informations en quelques octets et économiser le trafic réseau, par exemple la consommation, au lieu du message complet indiquant qu'il s'agit de la consommation", explique Alexander Pelov, PDG d'Acklio. Les messages sont décompressés à leur arrivée sur le système d'information.

Quel apport pour les entreprises ?

Acklio met en avant le fait que SCHC simplifie la fabrication des objets connectés. "L'applicatif d'un objet connecté est dépendant de la technologie utilisée. En rendant les réseaux interopérables, cela permet de les développer d'une seule manière et d'éviter le recours à des passerelles", affirme Alexander Pelov. Autre avantage, en prévoyant le comportement des capteurs, la technologie en assure la sécurité, puisque tout trafic suspect est ainsi détecté.

Développement de SCHC

Alexander Pelov et Laurent Toutain, les deux cofondateurs d'Acklio, ont commencé à travailler en laboratoire dès 2012 sur le sujet d'interopérabilité des réseaux IoT. Après trois ans de travail, pour lequel ils ont bénéficié de l'expertise de l'IMT Atlantique, ils ont fondé Acklio en 2016 et ont passé les trois années suivantes sur la standardisation de la technologie. "Le plus compliqué a été de convaincre l'IETF de l'intérêt de la technologie sur le marché", confie Alexander Pelov, se félicitant notamment d'avoir réuni l'Alliance LoRa et Sigfox dans le projet. La start-up a levé deux millions d'euros en décembre 2019.

Le standard étant désormais établi pour rendre la technologie accessible à tous, Acklio prépare des déploiements industriels pour le printemps 2020. Une première expérimentation a été réalisée pour des compteurs électriques. "Jusqu'à présent, il était impossible d'utiliser un réseau LoRaWAN pour cet usage sans procéder à des développements spécifiques nécessitant au moins un an de travail. SCHC permet d'accélérer les mises sur le marché", souligne Alexander Pelov. La start-up propose par ailleurs un kit de développement destiné aux développeurs souhaitant utiliser la technologie pour leur propre projet. 

Dictionnaire de l'IoT