5G : une opportunité pour l'IoT

5G : une opportunité pour l'IoT L'Arcep a dévoilé le lundi 15 juillet 2019 les modalités d'attribution des fréquences 5G en France. Les opérateurs devront couvrir les deux tiers de la population en 2025. 

[Mise à jour le 16 juillet 2019 à 11h40]   L'Arcep a lancé ce lundi 15 juillet 2019 sa procédure d'attribution des fréquences 5G auprès des opérateurs télécoms.  L'autorité de régulation française propose une attribution en deux temps : des blocs de fréquences de 40 à 60 mégahertz (MHz) seront proposés aux quatre opérateurs à un prix fixé par le gouvernement, et des blocs complémentaires seront mis aux enchères pour permettre aux opérateurs d'acquérir plus de capacité, dans une limite de 100 MHz par opérateur. En Allemagne, le gouvernement a organisé un système d'enchères qui a rapporté 6,5 milliards d'euros. L'attribution des fréquences devrait être finalisée au mois d'octobre, pour permettre les premiers déploiements début 2020. L'Arcep insiste par ailleurs sur une couverture nationale à l'horizon 2025. Les opérateurs doivent s'engager à déployer la 5G sur 12 000 sites pour couvrir les deux tiers de la population. 

Les avantages de la 5 G

Faire transiter plus de données, plus vite. Voici l'objectif numéro 1 poursuivi par les entreprises et les autorités de régulation des télécoms qui travaillent en ce moment sur la 5G, dont le nom officiel est IMT-2020. Cette technologie de communication mobile cinquième génération prendra prochainement la suite de la 4G+ (ou LTE advanced) pour permettre aux appareils mobiles – que ce soient des smartphones, des tablettes ou encore des objets connectés – d'envoyer et de recevoir des data en grande quantité.

La 5G, c'est ainsi une promesse de rapidité, d'une faible latence, d'une faible consommation d'énergie et permettant à un grand nombre d'utilisateurs d'être connectés simultanément. Avec ce standard de communication, les utilisateurs pourront notamment télécharger des vidéos haut débit en un temps record.

"Plus on augmente la connectivité et le débit, plus les possibilités d'attaques s'accroissent"

Pour l'IoT, la 5G est une clé vers une plus grande interopérabilité. "Avec un même composant, un industriel pourra se connecter en haut ou bas débit en fonction de ses besoins. Cela va simplifier le design des objets car il n'y aura plus besoin de choisir les composants pour du LoRa, du NB-IoT ou une carte SIM : l'IP mènera à l'interopérabilité", explique Frédéric Salles, président de Matooma, spécialiste dans le domaine de l'IoT et la connectivité par carte SIM multi-opérateurs.

Avec la 5G, la sécurité du réseau de communication devra néanmoins être renforcée. "Plus on augmente la connectivité et le débit, plus les possibilités d'attaques s'accroissent", prévient Hervé Doreau, presales manager chez Symantec.

Débit 5G

Plus de limite : les futurs utilisateurs de la 5G pourront télécharger un film en haute définition en deux ou trois secondes. Les futurs réseaux 5G seront théoriquement capables de transférer 20 gigabits de données par seconde, depuis une station de base jusqu'à un appareil connecté au réseau, et 10 gigabits par seconde dans le sens inverse, soit environ 100 fois plus que les réseaux 4G. C'est en tout cas l'objectif fixé aux opérateurs par l'Union internationale des télécommunications, bien que ce débit reste théorique.

Fonctionnement

La 5G ne se contentera pas de multiplier par cent le volume de données qui pourra transiter sur ses réseaux. Ces informations circuleront également plus vite : le temps de latence devrait être inférieur à une milliseconde, contre 25 à 40 millisecondes pour la 4G. Le standard promet également l'utilisation d'un spectre élargi de 30 à 300 GHz.

La 5G est l'une des technologies les plus attendues du secteur du véhicule autonome, car les autos doivent pouvoir envoyer instantanément les images de leur environnement à un logiciel de traitement, situé par exemple dans le cloud, et prendre une décision dans la foulée. Une petite seconde de décalage dans l'envoi des données risquant de provoquer un accident. Cette réduction de la latence pourra aussi permettre de réaliser des opérations chirurgicales à distance par exemple, car les mouvements des instruments seront suffisamment fluides.

La 5G devrait par ailleurs être capable de traiter des données de natures différentes à des rythmes différents. Les opérateurs travaillent sur des technologies permettant de découper leur réseau en plusieurs tranches, pour y faire circuler des informations plus ou moins prioritaires (network slicing). Les informations émises par un véhicule autonome en mouvement seront traitées en absolue priorité, alors que les data envoyées par un compteur de gaz intelligent pourront être envoyées avec un certain délai. Cette technologie fait toutefois débat, car elle est synonyme de fin partielle de la neutralité du net. En vertu de ce principe, les opérateurs étaient jusqu'à présent obligés de traiter à égalité toutes les données qui transitaient sur leurs réseaux, sans analyser leur contenu. Mais pour prioriser le traitement de certaines données par rapport à d'autres, ils devront savoir quel type d'informations leurs clients font transiter via leurs antennes.

Date de sortie

Malgré l'absence de norme, de nombreuses expérimentations sont actuellement conduites par les opérateurs et les équipementiers télécom. Ces tests sont pris en compte par l'instance de normalisation dans la définition du futur standard. Selon le dernier rapport de la Global mobile Suppliers Association (GSA), 201 opérateurs sont en train de la déployer ou de tester la pré-5G dans 83 pays. Onze d'entre eux ont lancé un ersatz de 5G dans des villes pilotes.

La Corée du Sud et Monaco ont annoncé une couverture complète de leur territoire en 5G. En Chine, l'opérateur China Mobile a annoncé qu'il couvrirait cette année 40 villes en 5G. L'opérateur américain Verizon couvre Minneapolis et Chicago depuis avril 2019.

Le Japon prévoit une mise en place du réseau 5G pour les Jeux olympiques de Tokyo en 2020. La France devrait aussi voir débarquer la technologie à cette date. D'ici la fin de l'année 2024, la 5G devrait couvrir plus de 40% de la population mondiale pour 1,5 milliard d'abonnés au très haut débit mobile, selon l'équipementier Ericsson.

5G en France

Les premières offres 5G pourraient voir le jour en France autour de 2020, selon les observateurs du secteur. L'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep) a présenté sa roadmap en juin 2017. Un guichet pour les plateformes ouvertes d'expérimentation 5G en bande 26 GHz a été lancé en janvier 2019. L'attribution des fréquences devrait être finalisée  en octobre 2019. Mais il faudra attendre le début de 2020 pour que les opérateurs soient juridiquement détenteurs des fréquences pour 15 ans et lancent leurs services. Ils auront ensuite jusqu'à 2025 pour couvrir 90 % du territoire en 5G et 4G+.

Dès 2015, l'Arcep avait autorisé Orange à lancer des pilotes 5G à Belfort sur plusieurs bandes de fréquence. L'opérateur a depuis étendu ses tests à Marseille, à Lille et à Douai. Les autres opérateurs s'intéressent de près au sujet. Bouygues Telecom expérimente à Bordeaux, SFR à Nantes et Toulouse, Free à Marseille et en Bretagne. Au total, 14 métropoles françaises sont dans les starting-block.

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